Ernest  DHOMBRES  (1824-1894)



Sermons et Homélies
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A travers les recueils de sermons des pasteurs protestants français du 19° siècle, qui aujourd'hui dorment au fond de quelques rares bibliothèques, un lecteur contemporain ne manquera pas de remarquer particulièrement ceux de Ernest Dhombres : il s'en dégage encore l'onction et la chaleur qui le rendirent si apprécié de sa génération.

Ernest Dhombres est né au Vigan (dans le Gard) le 16 mars 1824, d'un père pasteur. Ses dons intellectuels et poétiques se manifestèrent assez tôt ; après une brillante scolarité il partit achever des études de théologie à Genève, puis à Strasbourg.
Appelé au ministère il exerça à Alais (1847-1857), puis à Montpellier (1857-1860), et enfin à Paris où il resta jusqu'à sa mort. Son talent oratoire, ses qualités personnelles, sa piété, lui acquirent rapidement dans la capitale reconnaissance et amitié.
Mais c'est surtout pendant le siège de Paris, que l'occasion lui fut donné d'exercer une remarquable et bénéfique influence sur ses concitoyens. Par une série de sermons, dans lesquels les passages choisis de l'Ecriture semblaient merveilleusement adaptés à la situation présente, il sut apporter aux malheureux assiégés consolation efficace et espérance vivante. Celui qui les lit aujourd'hui en retire le sentiment d'avoir lui aussi vécu, de manière particulière, cette page émouvante de l'histoire de France.

Frappé de cécité dans sa vieillesse, Ernest Dhombres continua néanmoins de prêcher, jusqu'à sa mort, le 10 décembre 1894. Nous donnons ci-dessous quelques témoignages de pasteurs qui l'ont connu.


Frédéric Godet : Le premier recueil de M. Dhombres (Sermons et Homélies) est bien connu chez nous. Le second nous paraît, non seulement l'égaler, mais le surpasser. M. Dhombres ne vise pas à la grande prédication dogmatique, il ne cherche pas non plus la haute démonstration apologétique. Ce qu'il cherche, -- et il excelle dans cet art, -- c'est l'application simple et pratique de l'esprit de l'Evangile aux divers aspects de la vie journalière, religieuse et morale, sociale et ecclésiastique. Sa force ne réside pas dans la souveraine logique avec laquelle Adolphe Monod pose sur vous sa puissante main, ou dans ces mouvements impétueux par lesquels Bossuet emporte son auditoire comme l'ouragan une faible feuille ; sa force, c'est le charme ; un développement d'idées aisé, coulant, détendu vous enlace et vous entraîne. Le style de M. Dhombres est, comme sa pensée, facile, gracieux, clair, suave, abondant sans cesser d'être simple, riche sans luxe, élégant sans apprêt.

M.A. Goût : La parole de M. Dhombres avait le charme, cette abondance d'images, ces vives couleurs que nul orateur contemporain n'a dépassées ; son discours, cette vivacité d'allure qui le rendait parfois si entraînant. A Paris, il eut bientôt conquis une place éminente. Les foules assiégeaient le temple du Saint-Esprit, et, si l'on pouvait suivre dans les âmes la trace des paroles de l'orateur sacré, que de blessures il a contribué à guérir, que de sérieuses résolutions il a fait naître ! Avec quelle puissance il a glorifié cet Evangile qui était sa joie et sa vie !

M. G. Meyer : Dès longtemps, M. Ernest Dhombres s'était placé au premier rang des prédicateurs parisiens, grâce à un rare ensemble de qualités et de dons remarquables mis au service de fortes convictions. Sa parole chaude, claire, élégante et toujours distinguée, sous l'éclat de laquelle on sentait les tendresses d'un cœur aux sympathies profondes, le sérieux d'une conscience en communion avec le Sauveur, attirait des auditoires toujours plus nombreux. Il nous souvient qu'il y a quelques années, alors que M. Dhombres était dans toute l'activité de son ministère et la maturité de son talent, nous l'entendîmes au culte de quatre heures de l'Etoile, commenter le célèbre passage de saint Jacques sur les bienfaits et les méfaits de la langue ; derrière nous, un auditeur qui était certainement un homme cultivé, ne pouvant contenir son admiration, s'écria à demi-voix : « Que c'est beau ! » Cet inconnu avait raison, car l'orateur tenait littéralement son auditoire suspendu à ses lèvres. Cette puissance de sympathie qui donnait à la prédication de M. Dhombres une saveur particulière, et comme son cachet propre, était sa force comme pasteur. Jamais orateur brillant et écouté ne fut d'un abord plus cordial et plus simple.

M. J. Bastide : Ceux qui n'ont pas connu M. Dhombres ne sauront jamais ce qu'il y avait dans sa personne comme dans sa parole, de grâce, dans les deux sens du mot, et de charme. Si on ajoute à l'attrait qu'il exerçait par son aménité, un cœur toujours ouvert et vibrant, une vive imagination, un esprit actif et prompt, et une foi qui est demeurée, jusqu'à la fin, assise sur le roc des Ecritures, on aura le secret de l'autorité morale et spirituelle qu'il a exercée pendant son long ministère. Il a mis au service de l'Eglise chrétienne les dons si riches qu'il avait reçus de Dieu. Il s'est dépensé en visites et en prédications, consacrant à l'étude les trop rares moments que lui laissait sa lourde tâche. Il était l'ami de M. de Pressensé et de M. Bersier, après l'avoir été de Rognon et de Grand pierre. Il était aussi leur égal par le talent, par la foi, par l'influence.


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